vendredi 2 avril 2010

Homélie prononcée par le père Robert GUZABA a MUNGELA au Carmel St Joseph de Kinshasa



La célébration du jeudi saint nous rappelle le commandement nouveau donné par Jésus à ses disciples : « Faites cela en mémoire de moi » lors de la dernière Cène comme le montre clairement Saint PAUL dans le plus ancien récit de l’Institution de l’Eucharistie dans la deuxième lecture. Jésus donne un nouveau sens, une signification nouvelle à la manducation de l’agneau par les JUIFS au seuil de la nuit de leur libération. La pâque juive est un ordre donné par DIEU pour que le peuple se souvienne de la grande merveille nous rappelle la première lecture de ce jour. Il s’agit d’une loi perpétuelle d’un mémorial, un mémorial sacré. C’est un renouvellement privilégié des relations avec Dieu.
D’une manière similaire, JESUS commande à son Eglise d’ordonner des prêtres pour continuer à célébrer l’Eucharistie. L’Eucharistie est un mémorial de notre Rédemption, nous délivre du péché et rend présent le sacrifice du christ.
Le langage est bien pauvre pour expliquer, même approximativement, le mystère du jeudi-Saint. Mais il n'est pas difficile d'imaginer en partie les sentiments qu'avait Jésus en son cœur, lors de cette dernière soirée qu'Il passait avec les siens avant le sacrifice du Calvaire.
Pensez à l'expérience, si humaine, de la séparation de deux êtres qui s'aiment. Ils aimeraient être toujours ensemble, mais le devoir — quel qu'il soit — les oblige à s'éloigner l'un de l'autre. Ils désireraient rester ensemble et ils ne le peuvent pas. L'amour de l'homme, si grand soit-il, a des limites ; il a recours à un symbole. Ceux qui se quittent échangent un souvenir ; peut-être une photographie, avec une dédicace si enflammée qu'on est surpris que le papier n'en brûle pas. Ils ne peuvent pas faire davantage : les désirs des créatures dépassent tellement leurs possibilités.Ce que nous ne pouvons pas, le Seigneur le peut. Jésus-Christ, Dieu parfait et homme parfait, ne nous laisse pas un symbole, mais la réalité : Il reste Lui-même. Il ira vers le Père, mais Il restera avec les hommes. Il ne nous laissera pas un simple cadeau qui nous fasse évoquer sa mémoire, une image qui tende à s'effacer avec le temps, comme la photographie qui rapidement pâlit, jaunit, et n'a pas de sens pour ceux qui n'ont pas vécu ce moment d'amour. Sous les espèces du pain et du vin, Il est là, réellement présent : avec son Corps, son Sang.
Chers frères et sœurs, il est souhaitable de prier pour nos prêtres, ceux qui ont reçu mandat d’agir in PERSONA CHRISTI en cette année dédiée au sacerdoce. Afin qu’ils soient des humbles serviteurs.
A l’exemple du Christ, le prêtre est le serviteur du Christ, au sens que son existence, configuré à Lui de manière ontologique, assume un caractère essentiellement relationnel : il est en Christ, pour le Christ et avec le Christ au service des hommes. Le sacerdoce est en vue du service et non d’une recherche effrénée d’être servi, applaudit et vénéré. Le sacerdoce est bâti sur le sacrifice, le renoncement, l’abnégation… Le prêtre doit incarner l’esprit de service à la logique du Christ : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » Mt 20,28
Voilà pourquoi Saint Jean dans l’évangile évoque la grande leçon d’humilité et de service que Jésus a bien voulu lier à son mémorial.
Puis il leur expliqua son geste : "Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j'ai fait pour vous".
Faisons un retour historique du jeudi saint :
La cérémonie chrétienne du lavement des pieds existait dans beaucoup de communautés monastiques. On la trouve chez les moines irlandais au IVème siècle, puis il est passé en Angleterre. Le Jeudi saint, le roi Édouard d'Angleterre en 1320 lavait les pieds à cinquante hommes pauvres. Les rois de France lavaient eux aussi les pieds à douze pauvres. Cette cérémonie est appelée, dans le cérémonial des évêques, "mandatum" mot latin qui signifie commandement, parce que Jésus a dit en lavant les pieds de ces disciples "Je vous donne un commandement nouveau», celui de vous aimer les uns les autres. Le lavement des pieds est un geste qui parle de service, de communion, de pardon mutuel, de co-existence, d’unité. Ce geste donné par Jésus un exemple, une démonstration à réitérer. Il ne s’agit pas d’être lavé, mais de laver. D’accepter ce renversement des rôles dont Jésus lui-même à montré l’exemple.
Laver les pieds des autres, n’est pas une obligation, mais un chemin ouvert vers un bonheur à recevoir. « Jésus est parmi nous comme celui qui sert », là il confirme le leadership situationnel d’aider les personnes à grandir dans la liberté et la vérité.
Le Faites ceci en mémoire de moi, est un chemin de bonheur, de vie éternelle dans la mesure où nous nous lavons les pieds les uns les autres dans le respect et l’amour vrai. Car l’Eucharistie, le Christ qui se donne lui-même nous engage dans le mystère d’amour, dans un progrès d’une perfection d’où l’inscription à l’école d’ascèse spirituelle. L’ascèse nous convie à comprendre qu’il s’agit d’un labeur artisanal, d’une répétition, être attentif dans la participation réelle à la célébration de la sainte messe. Là que le prêtre renouvelle la mission du Christ d’ouvrir les consciences humaines à la vérité.
Que cet enseignement d’un mémorial sacré où Jésus se donne en sacrifice, en rançon pour la multitude des peuples, trouve écho favorable dans vos cœurs.

vendredi 15 janvier 2010

Arnault NGANGA, premier diacre oblat congolais de Brazzaville

Du latin vocare qui veut dire appeler. La vocation se définie comme un appel qui se traduit dans la vie concrète comme une réponse à cet appel. C’est au fait, un jeu d’échange d’amour entre l’homme l’appelé et Dieu ; une écoute de la volonté de Dieu qui se réalise en fin de compte par une mission mandatée par Dieu et par la voie de l’Eglise. C’est dans cette que j’inscris mon appel à la suite du Christ dans la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.
Après l’engouement de la fraicheur baptismale et ma première communion en juin 1984, je me suis vite engagé comme servant de messe pour servir le prêtre et être en contact avec le sacré. Apres le groupe des servants de messe, j’ai intégré le groupe de la légion de Marie jeune qui m’a formé à la piété et à la dévotion mariale. Une promesse solennelle a sanctionnée ma présence dans ce groupe apostolique de ma jeunesse. Les années passées comme servant de messe m’ont beaucoup aidé d’abord non seulement à aimer les prêtres mais aussi à bruler du désir ardent de devenir prêtre de Jésus Christ sans choix au préalable d’un institut. L’attachement de ma mère à la foi catholique a été pour moi un appui considérable dans ma recherche de Dieu dans mes premiers pas comme chrétien.
Mais, il faut aussi signifier mieux souligner une année ou je ne parlais plus de vocation et mon attention était plus orienter vers les études supérieures (géographie)que j’avais réussies à faire juste après mon baccalauréat en 1996.
C’est durant cette première année d’université que j’ai connu les Oblats par le truchement de la sœur Pierrette, qui m’a favorisée les premiers pas et contacts chez Oblats. Conseils et encouragements ont nourri ces premiers instants sur les pas de saint Eugene de Mazenod. Mais c’est seulement après les événements de 1997, au cours de la messe à Pointe Noire dans la ville portuaire pendant l’homélie tirée de l’évangile de Marc 16, 15-20 sur l’envoi en mission que j’avais commencé à correspondre avec les Oblats. Aussi, il faut signaler qu’un temps de silence en correspondance était observé avec le chargé de vocation (1998). L’année 1999 était pour mon moi une année déterminante et c’est durant cette année aussi que je recevais ma première lettre me confirmant comme aspirant oblat. Deux expériences communautaires m’ont contrait de fouler le sol kinois en Avril 2000 et en janvier 2001.
Apres ces expériences communautaires et le stage de février à octobre 2001 dans ma paroisse, en juin 2001, j’étais invité à la session de discernement à la ferme de Djili Brasserie sous la direction du chargé des vocations le père Sylvain Mangombo. Il sied de rappeler que l’année 2001, j’ai eu comme responsables directs les pères Clément Fiyungu et willy Bundjoko. Cette session a été sanctionnée par mon admission au pré noviciat. Commencé le 15 octobre dans le diocèse d’Idiofa dans la province de Bandundu, nous étions 10 pré novices. Le pré noviciat a pris fin en juin 2002 et avons eu comme directeur le père Constant Kienge kienge, avec qui je correspondais déjà comme aspirant en 2000.
Apres un temps de vacances et l’admission au noviciat par le conseil provincial de juillet, je suis reparti à Idiofa mais pas au même endroit, cette fois ci c’était à 20 km du pré noviciat.
Le noviciat a commencé le 07 aout 2002, mais notre groupe en provenance de Kinshasa, avons eu un retard de deux jours faute d’une occasion fiable c'est-à-dire le 09. Au debut de notre noviciat nous formions une communauté de 6 membres dont 4 novices un socius le père Jean Marcel Gatshuya et la père maitre Abel Nsolo. J’ai fait ma prise d’habit le 07 septembre et mes premiers vœux le 08 septembre 2003. Nous avons fini le noviciat à 3 novices
. Apres cette école de cœur, j’ai commencé la philosophie au grand séminaire saint André Kaggwa sur un programme de cours reparti en deux ans. Et à la fin de la deuxième année un travail de fin cycle titré : De l’africanisation du développement a honoré ce parcours réflexif sur le livre d’Axelle Kabou dans Et si l’Afrique refusait le développement, travail dirigé par le père Pistil Kilunga,osb.
L’année 2005-2006 était consacrée à un stage pastoral dans la communauté de Kikwit. Là sur place, je m’occupais de la restauration de la maison comme intendant, j’étais récepteur ou cassier dans notre centre d’informatique et je suppléais aussi aux besoins de notre procure. Comme pastorale directe, à la paroisse, j’étais dans le groupe des jeunes de lumière expérience commencée depuis le pré noviciat et j’accompagnais les aspirants oblats. L’expérience de la régence était une expérience bénéfique et m’aidée à croitre intégralement dans la gérance des situations heureuses et malheureuses qui ont scandées cette étape combien importante. Cette étape m’a permis de prendre la vie de bon coté et de continuer mon chemin de vocation en entamant les études théologiques avec la l’aval du conseil provincial. Je commençais alors le cycle de théologie dans notre cher Institut.
La première année pas grand chose à signaler. C’est en deuxième que je commençais à m’approcher lentement et surement de l’autel avec l’institution au lectorat le 08 décembre 2007 conféré par Mgr Louis MBWOL, omi et en troisième année, je recevais l’acolytat le 08 décembre 2008 conféré par le père Macaire MANIMBA. Cette même année, c'est-à-dire l’année académique 2008-2009, j’ai fait l’office du président du cercle culturel de notre Institut et rédigé mon mémoire de fin cycle portant sur l’étude exégétique et théologique de 1Th 5,1-11 avec comme titre De la parousie à la praxis chrétienne, dirigé par le père valentin Ntumba, ocd. Toujours au cours de même scolaire, je recevais du supérieur général mon admission aux vœux perpétuels, émis le 09 aout 2009 devant le père Macaire Manimba supérieur provincial à Ifwanzondo dans le diocèse d’Idiofa (province de Bandundu).
Après un mois de vacances à Brazzaville, je commençais de nouveau mes activités communautaires et académiques. C’est la quatrième année de théologie. Le 22 novembre 2009 une autre occasion de glorifier le Seigneur avec l’accession au ministère diaconal des mains de Mgr MUDISO Gaspard, SVD en la paroisse saint Amand dans la commune de LIMETE. En effet, deux paroisses m’ont aidé à exercer mon ministère d’abord dans la paroisse de St Albert pendant un mois et demi et enfin dans une paroisse oblate St Philippe.
Les moments heureux ont plus traversé l’histoire de ma vie sur le chemin de Jésus. Mais cette même histoire a été visitée par des hauts et des bas qui sont des moments malheureux et ces moments sont pour moi des occasions pour revoir mon parcours et baliser le chemin pour un mieux être dans la mesure du possible. Mais, chaque fois, la main de Dieu passe et repasse toujours pour la gloire de Dieu en son serviteur que je suis et le salut de son peuple.
Le Seigneur est merveilleux.

dimanche 23 août 2009

Leadership, un mode d’être :Eugène de mazenod une illustration

Introduction
Le leadership est une discipline très peu vulgarisée dans notre contexte africain et pourtant il semble être ce qui fait le plus défaut à ceux qui dirigent les hommes dans la vie publique ou religieuse. Il se présente comme un art et une science à apprendre. En outre, le leadership en tant que manière particulière d’être mentor, décrit l’exercice légitime de l’influence accorder à un individu ou groupe d’individu dans le but de gérer leur semblable. Ce mode particulier d’être se cultive et la figure d’Eugène de Mazenod en est une illustration. Pour entrer dans l’intelligence de ce mode d’être nous effectuerons tout d’abord une approche définitionnelle du concept leadership, puis nous en dégagerons quelques caractéristiques. Ensuite nous nous appesantirons sur l’importance de la formation au leadership et enfin nous conclurons notre intervention en présentant le leadership chrétien comme une tâche à travers la figure d’Eugène de Mazenod.

I- Approche définitionnelle et caractéristiques
Il nous paraît indispensable de préciser tout d’abord le sens que nous dégageons du concept leadership parce que ce sens nous servira non seulement de sens comme orientation ou direction mais bien comme perspective du type explicatif et interprétatif. Cela nous permettra relever quelques qualités importantes pour façonner ce mode d’être.

I.1- Définition
Le leadership, cet anglicisme est passé dans la langue de Molière dès le XIXè siècle. Il s’exprimait d’abord à travers le substantif « leader », venu du verbe anglais to lead qui traduisait alors meneur d’homme, guide ou le chef de file. De nos jours, ce terme est familier en plusieurs domaines pour désigner celui qui joue le rôle de locomotive ou encore celui qui influence le groupe à agir en vue d’un objectif commun. Ainsi nous pouvons comprendre le leadership comme étant, selon l’avis des spécialistes, « un processus par lequel un individu exerce une influence sur un groupe pour atteindre les objectifs communs ». Ici le sens d’appartenance est important dans ce processus. De la sorte, la nécessité du groupe introduit également l’aspect de la légitimité dans l’exercice du leadership. Etre reconnu comme chef donne à l’influence du leader une ascendance psychologique qui favorise l’influence pratique qu’il peut exercer sur le groupe et cela permet de rallier aisément à la vision qu’il s’est assigné dans le sens du bien commun, puis véhiculer les valeurs aux quelles il croit.
Signalons par ailleurs que le leadership présente une ambiguïté dans la mesure où on y associe le sens de commandement. En fait le « leadership comme commandement est resté longtemps dans le vocabulaire des psychologues et des sociologues »[1]. Mais de nos jours, cette notion de commandement est à prendre positivement, c'est-à-dire éviter d’en faire un motif d’asservissement mais plutôt y voir « l’aptitude à se mettre au service des autres »[2]. Dans cette perspective, le leadership requiert des qualités.

I-2 Qualités du leadership
Si manager c’est l’art de gérer les biens, le leadership est effectivement l’art et la science de diriger les personnes humaines et cela nécessite des qualités appropriées qui permettent d’orienter vers un but précis avec tact et manière.
De ce fait, « Le leadership implique une corrélation des trois éléments suivants :
1- les qualités, les aptitudes et les besoins du leader.
2- Les besoins et les attentes du groupe.
3- Les nécessités ou les exigences de la situation »
[3]

Ces éléments aident à situer les styles de leadership, quoique leurs qualités soient propres à l’action de gérer. Pour ce faire la toute première qualité c’est la vision.
En effet, la vision permet de baliser, d’orienter et de canaliser les énergies. Cette spécificité se traduit par la prévision qui favorise l’anticipation et devance l’improvisation. Dans cette optique le leadership bâtit une vision fondée sur l’optimisme.
En plus, pour que la vision puisse aboutir au résultat voulu, le leadership doit susciter de l’intérêt. C’est justement cet intérêt qui peut motiver.
Relevons aussi l’art de communiquer comme qualité importante. La communication verbale ou écrite est nécessaire parce qu’elle est garante de l’information au sein du groupe. Car c’est l’information qui permet aux membres de savoir et de s’approprier la vie du groupe. De même la communication entretient la confiance et sérénité ce qui dissipe la rumeur et la suspicion. La communication fait appel à une autre qualité à savoir la maîtrise de soi nécessaire au leadership. Cette maîtrise de soi ouvre favorablement à la critique nécessaire pour se reprendre et aller de l’avant.
En plus, la perception et « l’écoute active »[4] sont une qualité utile au leadership dans la mesure où elle favorise la libre expression qui permet au leader de décoder la réalité de son environnement tant interne qu’externe parce que « l’écoute efficace encourage les relations interpersonnelles »[5]. Cette écoute active permet au leader de prendre des décisions responsables parce qu’elles bénéficieront, du moins, de l’apport de l’ensemble, et les membres pourront indirectement prendre part à la prise de décision. Toutefois, cette écoute consiste à savoir ce que vivent et pensent les autres. Puis une sélection sans complaisance de tout ce que l’on écoute s’impose au leader. Pour ce faire, il lui faut un sens élevé de discernement.
Enfin la motivation et la compétence pour la « résolution des conflits »[6] sont aussi les qualités importantes dans le leadership. La motivation crée une ambiance de participation de tous et permet d’entretenir l’ensemble en suscitant le sentiment d’appartenance. Quant à la résolution des conflits, elle est indispensable pour le maintien de la vie du groupe. Le conflit étant inhérent à la vie de tout groupe, il est vital de développer une grande capacité à résoudre les conflits avec méthode selon leurs natures et leurs enjeux. Cependant s’il y a la possibilité de prévenir les conflits, cette prévention reste la voie royale parce qu’elle anticipe les situations conflictuelles. Il est vrai que des spécialistes comme Anthony D’Souza pense que « le conflit est plus signe de santé du groupe que le symptôme d’une maladie. L’indifférence menace la croissance d’une relation beaucoup plus que le conflit.»[7]. Ce point de vue est à prendre positivement parce qu’il ne s’agit pas de rechercher les conflits pour montrer que le groupe est en bonne santé mais de les assumer avec maturité et comprendre que le conflit peut naître des points de vue différent, dans l’unique but de la marche en avant, de la mission et des objectifs du groupe.

II- Formation au Leadership
Le leadership étant un mode d’être qui se traduit par l’art de mener les hommes, il écarte toute forme d’improvisation et fait place à une formation permanente et renouvelée sur soi d’abord, et sur le rapport avec le groupe, car le charisme naturel seul ne suffit pas pour une efficacité. Toutefois la formation au leadership peut se faire de diverses manières, ici retenons que ces manières peuvent se résumer en deux approches à savoir l’éducation et l’expérience. En ce qui nous concerne, évoquons deux aspects de cette formation notamment le travail qui doit se faire sur soi comme culture des capacités et connaissance de soi d’une part et d’autre part le travail sur la relation avec le groupe ou animation du groupe.

II-1 Travail sur soi ou culture des capacités
Amorcer un travail sur soi comme culture des capacités exige une certaine lucidité qui donne la possibilité de se connaître soi-même. Pour cela, le leader doit avoir des repères et des valeurs sûrs aux quels il tient.
Se connaître en vérité nécessite de cultiver le sens de l’humilité nécessaire pour accepter aussi le regard critique et objectif des autres sur soi afin de s’améliorer chaque jour d’avantage, d’où la maturité est requise au leader. Puis, s’éduquer continuellement dans l’ouverture à la connaissance, au sens critique, ensuite stimuler et cultiver ses capacités potentielles par un travail sur soi. De même, travailler sur soi c’est aussi puiser dans son expérience personnelle, lire et tirer les leçons des échecs précédents pour bâtir un avenir différent.
En cultivant ses propres capacités l’on s’améliore nécessairement, ainsi l’on peut, par exemple, apprendre à communiquer clairement et à prendre des décisions efficaces. Bien plus, ce travail sur soi qui est une formation permanente permet de savoir motiver et inspirer tout en suscitant la confiance en soi et dans les autres. Cela dispose à être patient, humble et ouvert à la contradiction et aux idées nouvelles différentes de son opinion. Pour agrémenter tout cela il est bon de cultiver le sens de l’humour qui consent de prendre la vie avec gaieté et diffuse la bonne humeur dans le groupe. Rester optimiste dans un esprit gagnant.
Par ailleurs, le travail sur soi englobe la culture des capacités qui vise une formation intégrale en rendant le leader sensible aux valeurs. Aussi l’expérience accumulée, comme un réservoir, vient alimenter l’éducation. En effet, confronté aux réalités pratiques de la vie l’on s’éprouve et s’affine, ces réalités parfois s’apparentent à des impasses qui nécessitent une sagesse pratique qu’on ne trouve dans aucun bouquin. C’est donc la relation avec les autres qui fait accroître, non seulement l’expérience nécessaire pour mieux dynamiser le groupe, mais aussi développer une sagesse pratique ’’situationnelle’’.

II-2 Relation avec le groupe ou sens d’animation
Le leadership est un rôle moteur dans une communauté, il se traduit comme l’art et la science d’animer. Or si animer signifie donner vie en donnant une âme, le leadership exige donc en premier lieu le sens des relations interpersonnelles et de la relation entre le leader et le groupe. Ainsi en tant que membre à part entière du groupe, et par sa position, le leader dans l’exercice de son leadership se trouve dans l’obligation de jouer un rôle différent des autres membres, il doit veiller à l’entretient du groupe, cela suppose une relation vivifiante avec ses semblables.
Dans son rôle, le leader se doit d’éviter de camper sur ses positions autrement « les rapports deviendront tendus et le climat d’hostilité va s’installer »[8]. Il est donc recommandable de laisser toujours des ouvertures qui maintiennent l’espoir dans le groupe, d’où le dialogue reste la clé de voûte dans la recherche des compromis. Ainsi, le lien avec le groupe ouvre à l’écoute active qui montre le degré de souci dont manifeste le leader pour la bonne marche du groupe. Cette écoute traduit aussi l’encouragement à la réflexion au sein du groupe et l’expression libre de la pensée et des sentiments des personnes qui composent le groupe ou la communauté. Ceci développe l’attention du leader qui doit toujours s’enquérir de la ’’température du groupe’’. Avec un langage prudent viser la performance reste une priorité. Nonobstant cela, « les leaders doivent aussi prendre l’initiative d’exprimer leurs points de vue. C’est ce que les experts appellent confrontation. La confrontation a lieu lorsque les leaders recommandent aux autres de réfléchir ou de changer certains aspects de leur comportement. Il y a des degrés et des sortes de confrontation, à la fois constructive et destructive »[9], la confrontation doit être utilisée de manière efficace.
Avec le groupe, il entretient un lien effectif et affectif qui lui donne de savoir encourager les efforts des uns et des autres, de stimuler davantage et aussi de sanctionner quand cela est nécessaire. Au sein du groupe il devra, à travers une relation bienveillante, instaurer et entretenir un climat propice à l’écoute et au dialogue en vue d’une prestation efficace qui alimente un bon rendement. Les valeurs qui le régissent doivent être universelles. Bien plus s’il s’agit d’un chrétien, l’Evangile doit nourrir son regard et son mode d’être.




III- Leadership Chrétien, une tâche : saint Eugène une figure.
Tout chrétien en vertu de son baptême est invité à poursuivre la mission de Jésus son modèle. Dans cette perspective, tout chrétien est potentiellement un leader parce que appelé à devenir sel de la terre et lumière du monde. Dans ce sens cet effet, la figure d’Eugène de Mazenod nous dépeint un modèle de leadership chrétien. Signalons que, Eugène de Mazenod était un évêque catholique, or selon les spécialistes, un évêque est au plein sens du terme un leader. Cette figure nous parait indiquer à cause du travail soi effectué, qui de son « caractère fougueux comme un mistral »[10] est sorti un leader exemplaire et l’Eglise en a fait un saint, c'est-à-dire un modèle pour la chrétienté. Ce modèle de leadership chrétien est effectivement une tâche. Cette tâche peut s’effectuer de plusieurs manières, ici appuyons-nous sur le sens du service dans l’humilité et mission d’éducateur et guide qui traduise à bon escient la figure d’Eugène.

III-1 Sens du service
Le Christ étant modèle du chrétien, son enseignement ne doit pas laisser celui-ci indifférent. Or cet enseignement hisse le sens du service dans l’humilité au sommet des traits distinctifs de ses disciples. Ainsi le leadership qu’il développe est celui de se faire serviteur de tous. Il est vrai que dans notre société, « pour beaucoup de personnes, en effet, le leadership évoque les notions de : pouvoir, autorité, honneur, prestige ou avantages personnels. Tel n’est pas le leader chrétien »[11]. Selon Ken Blanchard et Mark Miller, « le secret des meilleurs leaders, c’est servir »[12]. Ce sens de service s’appréhende chez saint Eugène à travers son engagement pour l’Eglise. Partant de la situation déplorable dans laquelle se trouve l’Eglise et le clergé de France après la Révolution française, Eugène perçoit un besoin et juge nécessaire de faire quelque chose, il décide de se mettre au service de l’Eglise de manière engagée en sollicitant la collaboration d’autres prêtres dans le souci d’efficacité. Ce souci de rendre service était si fort d’autant plus qu’il repose sur une vision précise.
Le leader chrétien doit être une lumière dans le monde, Eugène est bien conscient de ce fait. Il fonde sa congrégation avec cette conviction. Il écarte tout esprit de domination pour faire prévaloir le sens de la fraternité au sein du groupe, de même en combattant tout type d’anti-valeur il promeut le respect et traduit sa prière dans la vie, il évite toute dichotomie entre les valeurs de l’Evangile et sa vie avec les autres. Le sens des autres qu’il instaure réprouve toute forme de complaisance. Ce sens des autres se traduit par la grande correspondance qu’il entretient avec chaque communauté, voire même avec chaque oblat. Il était un véritable champion de la communication. Ainsi, selon l’idéal du leadership chrétien, son témoignage pratique devient éducateur.

III-2 Educateur et guide
Le leader chrétien est éducateur dans la mesure où il contribue à faire prendre conscience et à changer les manières de faire. En éduquant par son art de gérer et de guider le groupe, il éduque à un style qui incite à la remise en question. Son engagement est animé par le sérieux de sa vie de foi et le témoignage qui en découle permet aux autres de dire : voici une autre manière de faire. Educateur et témoin deviennent alors synonyme. Dans cette dynamique, Eugène de Mazenod ayant fait le constat suivant : « les peuples croupissent dans la crasse ignorance de tout ce qui regarde leur salut ; la suite de cette ignorance a été l’affaiblissement de la foi, la corruption des mœurs et tous les désordres qui en sont inséparables »[13]. Suite à ce constat, se précise alors sa vision, puis il opte de « rendre les hommes raisonnables, puis chrétiens, enfin les aider à devenir des saints »[14]. Cette tâche nécessite un travail d’éducation qui puisse faire reculer d’abord les frontières de l’ignorance et inculquer des valeurs sur les quelles construire un type nouveau qui pourra s’ouvrir à l’appel à la sainteté.
Eugène de Mazenod, cet éducateur était effectivement un guide qui n’hésitait pas à prendre conseil pour mieux faire. En plus, en éducateur visionnaire, il stimulait en communiquant sa grandeur d’âme et son audace c’est pourquoi il n’hésitait pas à exhorter les hommes à « oser grand comme le monde » ou encore à être « audacieux pour l’Evangile ». Il incitait à la culture de l’excellence. A cet effet, il disait qu’il ne voulait pas des mèches fumantes. Il brandissait l’idéal en implorant ses missionnaires à faire toujours davantage.

En guise de conclusion
Il ressort de ce survol que le leadership en tant que mode d’être est un art et une science qui s’acquiert par l’apprentissage, l’ouverture et l’expérience. Cette capacité de diagnostiquer les situations et de motiver les personnes en vue d’un but précis reste une tâche dévolue à notre engagement baptismal. Cette tâche est permanente, c’est pourquoi le leader est une personne qui reste constamment en alerte, d’où il lui revient de se disposer dans l’innovation continue à la gestion des personnes en faisant attention à la qualité de leur vie. Par un regard sommaire sur Eugène de Mazenod, l’on a pu lire quelques traits de leader qui se laissent appréhender sans efforts, qui traduisent un mode d’être. Et ce mode d’être pour nous est justement celui des « hommes et des femmes apostoliques » dont ce monde, cette société a grand besoin aujourd’hui. Ces véritables meneurs d’hommes peuvent aussi être forgés par l’Eglise, par la force de l’Evangile qui doit transformer les cœurs par un travail sérieux sur soi d’abord et dans la société ensuite.
Au terme de notre modeste contribution, nous vous remercions pour votre attention.
Ferdinand OWONO Ndi, omi

[1] MUBIMBA A’ Shimba Cyrille, « Leadership et compétence professionnelle » in La promotion d’un leadership de qualité en Afrique à l’aune du modèle jésuite, Acte des IX ème journées Philosophiques/ colloque jubilaire de la faculté de philosophie saint Pierre Canisius/ Kimwenza , du 05 au 08 avril 2006, Kinshasa, édition Loyola , 2006, p. 107.
[2] Ibidem, p. 108
[3] D’SOUZA Anthony, Leadership, être leader, vol.1, 2è edition, Kinshasa, Pauline, 2008, p. 31
[4] D’SOUZA Anthony, Leadership conduire les autres. vol 2, p. 133
[5] Idem, Leadership, Etre leader vol 1, p. 147.
[6]Idem, Leadership, Conduire les autres, op. cit. vol 2, p. 141
[7] Ibidem,
[8] Ibidem, p. 120
[9] Ibidem p. 133
[10] ROCHE Aimé, omi, Eugène de Mazenod, Chalet, Lyon, 1960, p. 11
[11] D’SOUZA Anthony, Leadership, être leader, vol 1, 2è édition, Kinshasa, Pauline, 2008, p. 14.
[12] BLANCHARD Ken et Miller MARK, Comment développer son leadership ? Cité par Cyrille MUBIMBA A’SHIMBA in « leadership et compétence professionnelle », Op. Cit. p. 108
[13] Préface des constitutions et Règles
[14] Ibidem

mardi 5 mai 2009

Les quatres nouveaux prêtres oblats congolais



Le dimanche 03 mai 2009 en l'église paroissiale St François Xavier en plein quartier de Masina Petro Congo, les diacres : Don Bosco Mikwa, Jean Claude Kianga, Auguste Kajingulu et Patrick Katobo ont été élevés à la dignité sacerdotale par l'imposition des mains de son Excellence Mgr Edouard KISONGA. Nos confrères sont désormais prêtres pour l'éternité.

Ils ont été ordonnés presbytres avec deux missionnaires du Sacré Coeur, un Picpus et un grand Carme. Il ya eu également ordinations diaconales de deux religieux, Serviteurs de la charité.

dimanche 4 janvier 2009

Deux scolastiques sont ordonnés diacres, dimanche de la Sainte Famille de Nazareth

Le 28 décembre 2008, dimanche de la Sainte Famille de Nazareth, en l'église paroissiale St Fançois de Sales de Kintambo, son Excellence Mgr l'évêque Edouard KISONGA, auxiliaire de l'archidiocèse de Kinshasa a ordonné diacre, deux scolastiques oblats congolais, il s'agit de : Patrick KATOBO et Don Bosco MIKWA.

Mgr KISONGA a souligné clairement avec des mots justes, le sens profond de la diaconie aujourd'hui. Que les nouveaux diacres doivent être disponibles à répondre dans l'imitation de Jésus-Christ SERVITEUR.

Depuis octobre 1999, Patrick et Bosco cheminent chez les oblats dans un discernement toujours renouvelé. Que le Seigneur achève en eux ce qu'il a commencé...

jeudi 25 décembre 2008

Noël 2008 à la croisée de la guerre en R D CONGO


La fête de Noël, naissance d’un ENFANT pas dans une maternité, mais dans une bergerie, lieu compté pour rien. C’est là que s’accomplisse la merveille de Dieu pour toute l’humanité. La grande merveille : « Gloire à Dieu plus Haut des cieux et Paix sur la terre aux hommes qui aiment ». Mystère d’un si grand amour, mystère de la fragilité de Dieu, de la pauvreté extrême. Dieu prend souvent le chemin que nous ignorons.
Comment célébrer noël à la croisée de la guerre à l’Est de la Rép. Dém. Du Congo ? Comment célébrer noël devant les dégâts causés par les belligueux ?



La fête de NOEL signe de lumière, symbole de paix. La population congolaise à l'Est du pays dans le KIVU n'a pas en ce moment toutes les conditions requises pour célébrer NOEL... les gens gemissent dans l'insécurité, la désolation, la faim, la les épidémies... La joie est dans l'Enfant Jésus gage de l'amour vrai, de la cherche de la paix véritable. NOEL vient stimuler, nous placer en face de nos responsabilités. Qui est responsable des conséquences désastreuses en R D CONGO ? C'est tout citoyen congolais. Nos manques de courage, de sincerité, de rigueur... NOEL engage le changement des mentalités et de la prise de conscience. Nous devons tourner notre regard vers l'Enfant de BETHLEEM, signe d'espérance, d'assurance.
Au cours de la célébration eucharistique de la nuit de NOEL en la chapelle du scolasticat St Eugène de Mazenod (Kinshasa-Kintambo). Le père Cyrille Atitung (supérieur du scolasticat), dans son adresse : "a insisté à faire comprendre à l'assemblée que NOEL est un Dieu qui se cache dans notre pays, dans nos vies, dans nos coeurs. Si fragile, si pauvre, il cache dans un Enfant. Ce Dieu nous invite à cheminer avec lui pour faire le choix, un choix judicieux et responsable... à rendre Dieu présent à travers notre témoignage, à devenir semblable au Fils de Dieu. Faire ressortir Dieu qui se cache en nous peu importe notre fragilité". Isaie décrit l'avenement de l'Enfant pour nous faire comprendre que c'est l'Enfant qui vient sauver le monde et non des hommes forts. Faisons notre devoir des chrétiens de vivre dans la joie. Devant l'insécurité de la guerre, de la division, de manque des répères, de la peur de se faire arracher la vie. Ne perdons pas espoir. L'Ange rassure aux bergers, je vous annonce une bonne et grande nouvelle... Il vous est né un Sauveur... Ce n'est pas dans l'arrogance, dans la paresse, dans la lâcheté, dans la brutalité que nous sauverons le Congo, mais plutôt dans la reconciliation véritable où chacun se dépouille, dans le respcet de la parole donnée. Que le Prince de la paix, l'Enfant Jésus suscite en nous l'espérance, l'amour vrai, le sens de responsabilité afin que tous nous puissions travailler pour un monde juste et fraternel.






La méditation de NOEL 2008, proposée par le Père ROBERT, omi